L’autre : un mal nécessaire ?

La première partie de cette série d’articles abordait le regard de l’autre et son influence sur la construction de l’image de soi.

Dans la deuxième partie on y abordait la confiance en soi, et comment le regard de l’autre, s’il nous aide pour les premiers pas de notre vie, peut aussi devenir un obstacle par la suite.

L’autre, un mal nécessaire ?

Développer la confiance en soi passerait alors par se détacher du regard de l’autre, reprendre de l’autonomie par rapport à l’autre.

Avoir confiance -indépendamment de l’autre- en la capacité de nos ressources intérieures, en notre capacité de jugement, de se tromper et d’en ressortir grandi, d’interagir avec les autres, d’être parmi les autres et à travers les autres, mais sans en être dépendant, ni vouloir briller plus fort, les écraser ou se soumettre.

Petite précision toutefois, détacher ne veut pas dire déposséder. Il existe souvent une confusion entre les deux.
A mon sens ils sont très distinct :

  • détacher c’est posséder, ou pas, mais sans en être prisonnier : je l’ai, tant mieux, je ne l’ai pas… tant mieux aussi.
  • déposséder c’est ne pas avoir. Ce qui n’empêche pas pour autant d’y être attaché : je ne l’ai peut-être pas mais je ne peux pas m’empêcher d’y penser. Dans ce cas il y a dépossession mais attachement.

Il faudrait donc arriver à se détacher du regard de l’autre.

 

Mais qu’est-ce que ça veut dire, se détacher du regard de l’autre ?

Une définition possible, parmi d’autres, pourrait être :
« Vivre indépendamment de ce que l’autre pense de nous, et/ou indépendamment de ce qu’on s’imagine devoir faire/dire/penser/ressentir pour interagir avec l’autre. »

C’est-à-dire s’exprimer et vivre en accord avec ce que l’on est réellement au fond de nous-même, sans s’attacher aux attentes que l’on pourrait avoir pour l’autre et indépendamment des attentes qu’il pourrait avoir pour nous.
Encore une fois, détachement et dépossession sont deux choses bien distinctes. Ici, la dépossession s’apparenterait à du je m’en foutisme ou de l’égocentrisme : je me fiche complètement de l’autre et c’est moi, mon plaisir, ma satisfaction d’abord, et l’autre surtout pas. Là on tombe dans l’excès inverse où l’on devient prisonnier de soi-même, tout en restant attaché, d’une certaine façon, à l’autre.

Nous sommes des êtres sociaux, nous avons besoin de liens, de relations pour exister : notre cerveau en a besoin, dès notre plus tendre enfance, pour se développer. Se détacher du regard de l’autre serait alors y faire attention, en prendre soin, le prendre en compte, mais sans pour autant en être prisonnier.

Facile à dire… surtout que l’on ne nous a jamais vraiment appris.

La bonne volonté ne suffit pas toujours. Et comme on ne sait pas forcément comment faire pour se détacher de ce fameux regard de l’autre, souvent, on continue de la même manière, mais en espérant que le résultat sera différent…

 

Folie = faire de son mieux ?

Einstein disait : « La folie est de croire que l’on peut avoir des résultats différents en continuant toujours de la même façon ».

Ici, bien sûr, on ne va pas parler de folie, c’est juste qu’on ne sait pas forcément faire autrement.

En ce qui concerne l’aspect matériel par exemple, quand on veut allumer la lumière, qu’on appuie sur l’interrupteur et que l’ampoule ne s’éclaire pas. On peut peut-être essayer deux ou trois fois l’interrupteur, mais s’il ne fonctionne toujours pas on va aller voir ailleurs : les fusibles, le fil, l’ampoule, démonter l’interrupteur… voir où est la cause, et comment faire autrement pour que l’ampoule s’allume : on va changer de stratégie.

On ne va pas s’acharner sur l’interrupteur indéfiniment jusqu’à ce que l’ampoule s’allume : on sait que ça ne fonctionne pas comme ça.

Et pourtant, en ce qui nous concerne, souvent on continue de s’acharner sur l’interrupteur en espérant que ça va fonctionner un jour. On continue d’interagir de la même façon, de croire aux même choses, de voir le monde la même manière en espérant que nos relations, nos résultats, notre santé, etc… vont changer.

Loin de moi l’idée du blâme ou de la critique, c’est juste que, comme on ne nous a jamais vraiment appris, on fait comme on peut, et on fait même d’ailleurs du mieux qu’on peut avec les moyens qu’on a. Sauf que le mieux qu’on peut, ça n’est pas forcément la meilleure manière à chaque fois. Et le pire c’est quelques rares fois en gardant nos mêmes stratégies, on observe des résultats différents. Et on va se servir de ces rares fois pour justifier que notre méthode est la bonne et que c’est comme ça qu’il faut continuer de faire…

A mon sens, il n’y a pas UNE SEULE bonne méthode pour arriver à se détacher du regard de l’autre, pour reprendre confiance en soi.

Un premier pas pourrait être de se connaitre suffisamment, pour être conscient de nos attentes profondes, des motivations internes qui nous poussent derrière ce qu’on fait, et des croyances conscientes ou inconscientes qui structurent et filtrent notre vision du monde.

On est tous différents, on a toutes et tous des approches différentes. De mon côté je n’ai pas LA solution, et je serai très heureux de découvrir comment vous vous y prenez, et de pouvoir le partager avec d’autres.

Dites-moi tout ça dans les commentaires !

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