La pause s’impose

Cet article est écrit dans le cadre de l’édition mensuelle de la croisée des blogs du mois de novembre.

Ce mois-ci elle est organisée par Hannah du blog Forme Santé idéale

Le thème de cette édition est : Histoires de guérisons

 

L’histoire ici, est celle qui est arrivée à une personne que je connais bien depuis plusieurs années, durant un de ces voyages:

 

Le voyage

Ca faisait 10 mois qu’il avait quitté son travail pour voyager.

Il avait tout plaqué, son travail, sa maison, ses amis pour partir et voyager à travers l’Asie. Il avait passé plusieurs mois au Japon, en Chine, il avait traversé le Tibet en hiver, le Népal, et là il était en Inde.

Il avait traversé tout le semi-continent pour arriver dans le sud, dans le Kerala où il avait décidé de se poser quelques mois pour pratiquer le kalaripayatt.

Il y était arrivé. Il sentait que son voyage touchait bientôt à sa fin, et d’une certaine façon il se sentait un peu soulagé. Ca lui avait pris 10 mois pour arriver dans le Kerala, et il comptait bien y rester un peu. Il savait qu’il avait atteint la dernière grande étape.

10 mois de vadrouille, à passer de la tranquillité insulaire des îles du sud du Japon, aux grandes mégalopoles chinoises qui grouillent de monde comme dans des fourmilières, à traverser les immenses étendues de l’empire du milieu, ses rizières enneigées du centre ou toutes vertes du sud, les haut sommets du toît du monde, ou le désert de l’Ouest indien…

Tout en pensant à ces 10 mois écoulés, il se réveillait tout doucement sur son lit d’hôpital en se demandant un peu comment il avait fait pour en arriver là.

 

L’arrêt forcé

La veille, il était allé voir le médecin pour vérifier ce qu’il avait, car il ne dormait quasiment plus depuis une semaine, avec mal au crâne et mal au ventre, des nausées et sans réel appétit mais tout en continuant les entrainements, matin et soir.

Les analyses ont diagnostiqué une hépatite. Pourtant il était vacciné. Il ne saura jamais quel type d’hépatite c’était.

Oh, il sentait bien qu’il fallait qu’il se pose.

Il sentait bien que ces 10 mois l’avaient fatigué et qu’avant de reprendre un entrainement sportif intense, il lui fallait un peu de repos. Mais d’un autre côté, il était si bien lancé, il ne voulait pas s’arrêter, et il trouverait bien le temps de se reposer le midi et la nuit.

Son corps a décidé pour lui: il a lâché et l’a forcé à se poser.

Une hépatite… le foie. L’organe qui au niveau somato-émotionnel est lié aux colères et rancœurs non exprimées. Et c’est lui qui a lâché. Y en avait-il tant que ça?

Bref, après seulement une semaine d’entrainement, il se retrouvait là, tout seul, cloué sur un lit d’hôpital pour au moins une semaine, dans une petite ville du sud de l’Inde. Le médecin lui a fortement conseillé au moins 15 jours de repos complet avant de reprendre toute activité sportive…

 

La pause

En même temps, à sa sortie de l’hôpital, il ne se sentait pas encore vraiment en forme. Mais 15 jours de repos, sans rien faire…

C’est vrai que, là où il était, il n’y avait rien à faire donc ça pouvait être un bon moyen de se reposer, mais quand même, ça risquait d’être long. Et d’un autre côté, reprendre la route à vadrouiller pendant 2 semaines, il ne le sentait pas non plus.

Il se décide toutefois à quitter la ville et à se trouver un endroit un peu plus calme pour y passer ces 2 semaines.

Le soir, après une journée de bus, il se trouve un hôtel, pour y passer la nuit et envisager un lieu plus tranquille pour se poser par la suite.

Le lendemain matin, en se promenant, il voit l’affiche d’un centre de yoga en ville. Il y est aussi écrit que le prof l’enseigne à l’hôpital et aide des patients à guérir avec la pratique du yoga.

Intrigué, il décide d’aller y faire un tour pour voir de quoi il en retourne.

Le « centre » était en fait un ancien appartement réaménagé, au premier étage d’un immeuble dont l’extérieur commençait à partir en miettes.

Le prof, la quarantaine bien tassée l’accueille et lui explique sa vision du yoga. Il lui parle des différents aspects qui s’imbriquent les uns dans les autres pour ne former qu’un tout, et il regrette que beaucoup d’écoles n’en enseignent qu’une partie réduite, extérieure: les postures (asanas).

Il lui parle bien sûr des postures, mais aussi des exercices de méditation, de travail sur la respiration, des techniques de « lavement » du corps, qui influent aussi sur l’esprit, de l’importance de s’observer et d’être conscient de ses mouvements, pensées, etc…

 

La guérison

Le lendemain, il se décide d’aller faire un « cours d’essai » et voir ce qu’il en est. Après tout, il se dit que vu son état, si ça ne lui fait pas de bien, de toutes façons ça ne lui fera pas de mal.

Le « cours d’essai » se répète l’après-midi, puis le lendemain, le surlendemain, et finalement, il va y retourner 2h tous les matins et les après-midis pendant 10 jours.

Et les journées s’égrainent, rythmées mais tranquilles presque comme un rituel, entre les échauffements doux, les postures, les exercices de respiration, les lavements, la méditation et les discussions avec le prof…

Etonnamment, il sent petit à petit son corps qui reprend des forces, de la vigueur, de l’appétit, du sommeil.

Au bout des 10 jours, il décide quand même de reprendre la route histoire de passer quelque temps au vert à la campagne avant de rentrer, car finalement, il aura passé tout son temps en ville…

Une fois rentré à Calicut, il doit refaire un examen de suivi pour voir l’évolution de la formule sanguine et principalement les SGOT et SGPT

Les enzymes SGOT et SGPT présentes dans le foie (entre autre) témoignent d’une lésion céllulaire lorsqu’il y a une augmentation anormale. Elles étaient montées pour lui, autour de 4000 et 5000 UI/litre lors de son hospitalisation – la normale étant entre 10 et 40 UI/l environ… (UI = Unité Internationale)

Le médecin le convoque alors avec les résultats des analyses, et lui dit qu’il n’en revient pas, que c’est la première fois qu’il voit ça:

Après seulement 2 semaines, elles n’étaient plus qu’à 100 UI/l environ, alors qu’en général c’est au bout de quelques mois seulement qu’on arrive à ce genre de valeurs.

Il avait du mal à y croire et a demandé à refaire une autre analyse, qui a elle aussi montré des résultats similaires.

La guérison n’était pas totale: le taux était encore un peu élevé, mais rien à voir avec seulement 15 jours auparavant.

Deux semaines de repos dont 10 jours de yoga « intensif » auront permis d’arriver à une guérison équivalente à plusieurs mois sans.

Qui a dit que le yoga ne servait à rien?

🙂

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