« Etre » n’existe pas…

Pour ce mois-ci, l’édition de la croisée des blogs est organisée par Cédric du blog Techniques de méditation, qui nous propose un sujet plutôt philosophique, en même temps très simple, et en même temps très profond : être.

 

Etre ou ne pas être… d’autres se sont déjà posé la question avant.

Plusieurs sens possibles

Mais au fait, qu’est-ce que c’est que « être », et est-ce que c’est possible de ne pas être ?

Si on regarde le sens du mot « être », sa racine la plus ancienne, qui vient du sanskrit « asus » a le sens de « vivant » « la vie » « le subsistant par soi » .
« Etre » voudrait donc tout simplement dire, vivre. Je suis = je suis vivant, je vis.

Mais « être » c’est aussi notre identité, ce que je suis : un garçon, une fille, etc…
Et pourtant on dit aussi, « je suis mort ». Enfin, souvent ce n’est pas nous qui le disons. En tous cas pas pour soi-même…
Mais alors, si « être » c’est la vie, et c’est notre identité, comment peut-on aussi « être mort »? Je ne peux pas m’identifier à la mort ?

« Etre » traduirait donc aussi un état. Mais un état qui n’est pas lié à notre identité (je ne m’identifie pas à la mort), et qui n’est pas non plus « la vie ». Parce-que dans ce cas « être mort » = la vie mort, ça ne veut rien dire…

Ca commence à devenir compliqué.

Bon d’accord, si on veut satisfaire tout le monde, on pourrait alors dire que « être » a plusieurs sens. Et c’est vrai que dans la vie courante on l’utilise avec plusieurs sens. « Etre » serait un peu tout ça à la fois.
Mais d’un autre côté, si c’est tout ça à la fois, ça n’est rien vraiment de tout ça complètement….

Etre = une contradiction ?

Asus a aussi le sens de « subsistant par soi« . Ca veut dire que c’est quelque chose qui existe de par soi-même sans aucun apport, ni aide, ni dépendance d’autre chose extérieure.

Mais alors dans ce cas, ça voudrait alors dire que « être », asus, n’est pas le vivant, car la vie a besoin d’un support (humain, animal, plante, etc…) pour qu’on puisse parler de vie. La vie n’existe pas par elle-même. Pareil pour la mort. La mort c’est quand la vie n’est plus dans l’entité vivante en question. Elle n’existe donc pas par elle-même non plus.

Et si ça subsiste par soi-même, ça n’est donc pas un état non plus, car un état décrit quelque chose ou quelqu’un. L’état n’existe pas sans un support. C’est l’état de quelque chose ou de quelqu’un.
Pareil pour l’identité. Une identité en soi, n’a pas de sens. Elle identifie un support. Elle n’est donc pas non plus subsistant par soi.

Mais alors c’est quoi « être », si c’est en même temps tout ça, et en même temps rien de tout ça ?
Ca n’a pas de sens !

« Etre » n’a pas de sens ?

Conclusion logique

En effet, avec notre pensée qui segmente,  qui oppose, qui différencie, si on suit ce raisonnement, « être » n’a pas de sens, parce-qu’il ne peut pas représenter quelque chose, et en même temps ne pas le représenter.

A notre niveau, sur terre, dans notre logique binaire et polaire, quelque chose qui est et qui en même temps n’est pas, n’existe pas.

Donc très logiquement : « être » n’existe pas.
CQFD. Fin de la démonstration. Un subsistant par soi n’existe pas, car une existence a besoin d’un support pour subsister.

Et pourtant…

Suite dans la deuxième partie.

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