Est-il possible de ne pas être ?

Pour la première partie de l’article, cliquer ici.

Mission impossible…

Eh oui, en effet, un subsistant par soi n’existe pas.

Mais ici on ne parle pas d’existence, on parle d’être, et ce sont deux choses différentes. Une existence a en effet besoin d’un support. Mais être…
On a vu que « être » n’est ni une identité, ni un état, ni la vie, ni la mort, mais que ça traduisait aussi tout ça en même temps.

Mais alors, qu’est-ce qui peut être en même temps la vie, en même temps la mort, et en même temps ni l’un ni l’autre ; en même temps masculin, féminin, mais sans être ni l’un ni l’autre ?

Ca voudrait donc dire que « être » est quelque chose au-delà de tout ça, qui transcende tout ça. Quelque chose (si on peut parler de chose) qui est tout et son contraire en même temps, mais sans l’être non plus. C’est sûr qu’à notre niveau de réflexion classique polaire, non seulement ça n’est pas possible, mais ça parait même complètement farfelu.

Et pourtant.

Et s’il existait un « état » comme ça, qui transcende les dualités, les polarités. Un état, au-delà, qui « soit » simplement et duquel découlerait toutes ces polarités ?

Alors tout ce « non sens » serait résolu. Cet état d’être (si on peut parler d’état) serait ce de quoi découle tout ce qu’on voit, vit, expérimente, etc… sur terre. Il serait l’origine, la source de tout.

Mais si c’est l’origine de tout, de nous, si nous en sommes « issus », comment se fait-il qu’on ne le perçoive pas, qu’on ne l’appréhende pas, ou même qu’on n’en ait simplement pas conscience ?

Bon en même temps, il y a quand même beaucoup de choses sur terre, desquelles nous n’avons pas conscience.
Une étude (du MIT je crois) a montré que notre réalité, notre univers, est composé de 400 milliards de bit d’information par seconde. Je ne sais pas comment ils ont calculé ça, mais ça fait déjà beaucoup. On peut donc facilement imaginer qu’on ne perçoit et qu’on n’intègre pas tout. Il n’est donc pas étonnant qu’on n’ait pas conscience de tout.

De plus, dans une société cartésienne et matérialiste comme la nôtre, qui sépare, divise et oppose, tout ce qui sort de ce cadre est vite considéré comme une ineptie, inexistant, et même regardé avec un certain mépris. Ce « être » qui est en même temps tout et son contraire mais sans l’être non plus, n’existe donc simplement pas ! Soyons un minimum sérieux !

Et pourtant.

Les chinois (même si ce ne sont pas les seuls), il y a quelques années, 5 ou 6 000 (peut-être même plus, je ne sais plus), ont perçu, ont eu conscience de « quelque chose » duquel découle toute création de l’univers, duquel découle même, les fameux yin et yang.

 

L’impossible résolu : unifier les opposés

Ce « quelque chose », ils l’ont appelé Wu (無 ou 无), qu’on traduit en général par « non être », mais qui veut dire, en même temps ce qui est et ce qui n’est pas. Pour plus d’explications dessus vous pouvez lire cet article : Retrouver l’Essence.

« Wu » serait donc ce de quoi nous sommes tous fait, ce de quoi tout découle. Un peu comme si chaque chose, vibration, création, jusqu’à la particule la plus élémentaire… de l’univers n’était en fait qu’une manifestation particulière de ce Wu.
La lumière et l’ombre, la vie et la mort, le plein et le vide, le masculin et le féminin, le personnel et l’impersonnel, exister et ne pas exister, l’amour et la haine, etc… ne seraient alors que des manifestations, sous forme de polarités, de ce Wu.
Les opposer ne serviraient donc à rien, car de façon très profonde, elles découleraient de la même origine, elles représenteraient simplement deux manières différentes de se manifester, d’une même source.

« Wu » n’aurait donc besoin de rien pour exister, car il « est » simplement. Il n’a pas besoin de support car il est ce de quoi découle le support.
Il subsiste donc par soi.

On rejoint alors ici un des sens de asus, la racine la plus ancienne de « être » : le subsistant par soi.

« Etre » serait alors, comme « Wu », ce de quoi tout découle : La vie-la mort ; la lumière-l’ombre… tous les opposés ne seraient qu’une manifestation de « être ».

« Etre » serait donc notre nature profonde. Nous « sommes » simplement.

Et toutes les problématiques qui tournent autour de : comment revenir à soi, comment être soi-même, être ou ne pas être… perdent finalement leur sens.
Car toute la question ne serait alors plus de savoir si nous sommes ou ne sommes pas, mais plutôt de savoir comment retrouver cette conscience que, indépendamment et au-delà de notre identité, notre état, notre environnement, notre vie ou notre mort…
« nous sommes« .

Cet article est la deuxième partie de ma contribution à l’édition de la croisée des blogs du mois d’octobre, qui est organisée par Cédric du blog Techniques de méditation sur le thème de : être.

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