L’art de dire non dans une relation amoureuse

Ca vous dit quelque chose ?

Ca vous est déjà arrivé? … de devoir dire non à votre partenaire ou de recevoir un non?

Comment l’avez-vous perçu? Avez-vous toujours été à l’aise avec ça?

De mon côté pas toujours.

 

Voici quelques éléments de réflexion qui pourront vous aider à le vivre plus sereinement, si vous êtes confrontés à ce genre de situation.

Ce que dit Jacques Salomé à ce propos m’a bien aidé et j’ai envie de la partager avec vous:

Toute relation intime autorise des abandons, des aspirations, des demandes explicites, mais aussi des attentes et des exigences implicites. Si j’aime, j’attends d’une certaine façon que l’autre « entre » dans mes demandes: non seulement qu’il les entende, mais qu’il puisse y répondre positivement, ce que je recevrai alors comme une preuve d’amour de sa part.

Le fait de me sentir aimé va m’autoriser à croire que l’être aimant comblera tous mes désirs, sans même que j’aie besoin de les lui demander… puisqu’il m’aime!

 

Mais alors si l’autre me dit non, qu’est-ce qu’il se passe?

Il peut arriver de vivre ces refus comme quelque chose de très violent, ou même d’injuste: Je vais avoir du mal à l’accepter. Je peux avoir tendance à le prendre comme une violence de sa part. Cela peut favoriser une certaine frustration que je vais nourrir à l’égard de mon/ma partenaire.

Du coup dans les relations proches, beaucoup de ces ressentiments peuvent circuler inconsciemment entre les deux protagonistes. Celui qui l’émet ne va pas s’en rendre compte, et celui qui le reçoit va les nier ou les cacher.

La relation va donc être nourrie de ces phénomènes qu’on pourrait qualifier d’irrationnel et qu’on ne contrôle pas.

Pour reprendre encore Jacques Salomé:

Celui qui aime devient vulnérable. Il lâche ses défenses, laisse remonter en lui des demandes très archaïques, tel le besoin d’être pris en charge, rassuré, comblé, ou accepté inconditionnellement.

Il y a comme un retour ou une régression à l’illusion de la TPI (toute puissance infantile). Cet état ou, bébé, nous pouvions imaginer que le monde gravitait autour de nos besoins, où nous ressentions que l’autre proche – maman surtout, ou celle qui la remplaçait – était au service de toutes nos attentes.

Quand on aime, d’une certaine façon, on va imaginer que notre partenaire n’est là que pour nous et va forcément nous comprendre et être d’accord avec nous.

Normal, puisqu’il nous aime.

Or quand on s’engage dans une relation amoureuse adulte, on prend le risque de voir ressortir en face de nous, chez notre partenaire, ou en nous, cet enfant qui réclame amour inconditionnel et compassion. Et là on se retrouve avec d’un côté un adulte, et de l’autre, un ex-enfant, qui ne se comprennent plus.

 

Pour qui est-ce que je dis non?

La personne qui recevra le « non » peut alors le prendre comme un refus de ce qu’elle est, comme un rejet ou un abandon. Un peu comme si c’était notre parent qui nous rejetait. On va avoir l’impression de ne pas être compris(e), d’être seul(e) au monde.

Comme j’ai envie d’une chose (que tu m’accompagnes pour faire du shopping, qu’on fasse l’amour maintenant, etc…), si tu m’aimes vraiment alors tu devrais me comprendre et avoir la même envie que moi au même moment.

Du coup le refus peut être pris comme une violence, et déstabiliser celui qui le reçoit.

 

Dire non est souvent perçu comme une agression, un refus de l’autre, et non pas comme un positionnement de soi.

Or ce que je fais, je le fais avant tout pour moi: si je le fais de cette façon-là, c’est que ça m’apporte quelque chose, c’est que c’est utile pour moi. Sinon je ne le ferai pas.

Souvent on me rétorque: certaines personnes peuvent agir de façon purement désintéressée pour les autres sans rien y gagner pour elles.

Mais même là, si elles agissent de façon « désintéressée », même si, consciemment elle n’attendent pas de retour des autres, quelque part ça remplit quand même quelque chose pour elles:

      • Peut-être que c’est une valeur (sentiment d’être utile, de faire quelque chose pour les autres, etc…),
      • Peut-être que c’est pour « s’oublier » (les autres d’abord, sinon c’est égoïste),
      • Pour se donner le sentiment d’exister,
      • D’apporter une contribution à l’humanité,
      • Etc…

Peu importe la raison ou ce que ça nous apporte.

Ce qui compte c’est que pour soi, c’est une vraie raison, c’est un vrai apport, important.

Il n’y a donc évidemment aucun jugement à porter dessus, vu que ça apporte réellement quelque chose de « vital » pour nous.

 

Et pour le couple

Si on le ramène au niveau du couple, c’est la même chose: à la base quand je dis non, je le dis avant tout pour moi, pour me positionner, et non pas contre l’autre.

La maturité dans le couple va grandir quand le non sera compris comme tel.

En sachant dire non, on apprend aussi, souvent, à dire oui, un oui vrai, qui nous correspond vraiment, et non plus  un « oui pour faire plaisir ».

Peut-être alors que la personne qui dit non pourrait préciser: « ce n’est pas contre toi mais pour moi que je te dis non« .

En apprenant et acceptant de se dire non dans une relation proche on apprend à grandir en étant libre d’être ce qu’on est.

 

Vous pouvez retrouver l’intégral du texte avec d’autres réflexions de Jacques Salomé en cliquant ICI.

 

Et vous, comment réagissez-vous face à un « non » dans votre relation amoureuse? Qu’est-ce que ça vous fait? Comment l’appréhendez-vous?

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