Je me suis pris une claque à la frontière Birmane

C’était un dimanche après-midi très ensoleillé.

Je revenais, quelques mois plus tôt, de plus d’un an de coopération en Oman, et je n’avais qu’une seule envie: repartir à l’étranger, voyager.

Pourquoi ? Je ne sais pas; j’avais encore envie de voir autre chose, de découvrir le monde je suppose.

Même si j’avais déjà pas mal voyagé en Europe, je n’avais pas envie que mon horizon s’y limite. J’avais vraiment envie de me dépayser dans une culture très différente.

J’avais aussi envie de me tester, de voir comment je réagirai dans des conditions dérangeantes, inhabituelles, voire même difficiles. Peut-être une envie de me connaître aussi plus en profondeur. Bref, je ne voulais pas rester en France.

C’était début juillet, un début d’après-midi, tranquille, à l’heure de la sieste.

En attendant de me retrouver un travail, j’étais revenu habiter chez mes parents.

Alors que j’étais allongé sur le divan à moitié somnolant, mon père me tend un magazine avec un article qui parle d’une association.
Celle-ci envoie des bénévoles en Asie pour des missions d’un an. Et elle fait justement deux jours de porte-ouverte ce week-end-là, à 1/2 heure de route de chez mes parents.

Ni une ni deux, je me suis dit : il faut que j’aille voir, ça m’intéresse !
20 minutes plus tard, j’étais en voiture sur la route pour aller voir de plus près ce qu’était cette association. La porte-ouverte se finissait dans l’après-midi.

La rencontre

Arrivé sur place, je rencontre une personne qui travaille comme permanente à l’association en France, et je commence à discuter avec elle. Elle m’explique ce qu’ils font, le système de volontariat, les types de missions, etc…

Tout de suite j’ai eu un flash ; je me suis dit : « c’est ça qu’il me faut !».

Les missions sont réalisées sur des demandes du terrain, pour répondre à un besoin précis et réel sur la durée. Les bénévoles sont seuls ou à plusieurs, suivant les missions, en immersion totale : en contact permanent avec les gens sur place et vivant avec eux.

Le système fonctionne sur du bénévolat complet, c’est-à-dire qu’aucun apport financier n’est donné par l’association.

C’est au bénévole de monter un dossier de financement avec un budget prévisionnel, et de trouver des sponsors qui veulent bien le soutenir pour sa mission.
Les durées des missions sont basées sur le système scolaire français (de août à août), et elles ne durent qu’un an environ.

La sélection des candidats commence à la fin de l’année civile précédente ou au début de l’année concernée, car plusieurs entretiens sont nécessaires pour sélectionner les candidats adaptés, et il faut aussi du temps pour trouver les financements.

C’était début juillet, et j’ai pensé avec un regret certain que c’était trop tard pour cette année.

Le déclic

C’est alors qu’au cours de la discussion, elle me dit qu’à l’heure actuelle il leur manque encore deux volontaires : un pour la Thaïlande, un pour les Philippines, le candidat pour les Philippines étant déjà presque trouvé.
Par contre pour la Thaïlande, c’est urgent, et ils n’ont encore personne.

Là, je me suis dit : « c’est pour moi !», et je pense qu’elle l’a senti.

Elle m’a d’ailleurs demandé ce que je pensais de ce poste, et si je pouvais être intéressé.

Quelle question… évidemment…

La discussion s’est alors tout naturellement orientée sur le contenu de cette mission, et savoir si je pouvais être capable de réaliser ce type de travail.
Le courant est plutôt bien passé, et elle me fait rapidement rencontrer le directeur de l’association, qui était présent aussi, en me présentant comme le candidat possible pour la mission urgente en Thaïlande.
C’était début juillet. On s’est donné quelques jours de réflexion chacun. Quand je les ai rappelé le mercredi, on a pris rendez-vous pour fin juillet afin de signer le contrat, et le 12 août, je prenais l’avion pour la Thaïlande.

La mission

Les semaines qui ont précédé mon départ, j’ai monté mon dossier de financement, et je l’ai envoyé à toutes les personnes, entreprises, associations, etc… que je pouvais.
Le jour du départ, je n’avais même pas la moitié de l’argent pour tenir l’année, mais ce n’était pas grave, il fallait que je parte, et le principal était de se lancer.
« Une fois sur place on verra bien ».

Hasard ou destin, au fur et à mesure de la mission, l’argent est arrivé par petites touches et m’a permis de tenir l’année.

Je me sentais d’ailleurs si bien, et les gens sur place m’ayant aussi demandé de rester plus longtemps, j’ai rempilé pour un an encore.
Là, j’ai aussi dû refaire un dossier de financement que j’ai envoyé à des sponsors potentiels. Et cette fois-ci, même topo, l’argent est arrivé au compte-gouttes, mais suffisamment pour me faire tenir une année de plus.

Ma mission officielle : apporter un soutien scolaire à des ados karens (minorité ethnique du nord-est de la Thaïlande) dans un centre d’accueil, et aider le responsable local à la gestion et à l’animation de ce centre.

Une fois sur place, la mission prend rapidement une autre tournure, car le responsable local n’est quasiment jamais là, et je me retrouve seul blanc, sans parler ni thaï ni karen à devoir gérer des ados alors qu’on ne se comprend même pas

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